Flamboyantes en fiction, fatigantes en réalité : vraiment ?

Flamboyantes en fiction, fatigantes en réalité : vraiment ?

Y’a une loi non écrite qui traverse le monde féminin :
les femmes qu’on admire sur un écran sont souvent celles qu’on supporterait difficilement plus de cinq minutes dans la vraie vie.

La preuve par Gaby Solis.
À la télévision, on adore son exagération, sa désinvolture haute en couleur, sa façon de transformer le moindre détail en scène de pur drama.
Elle dit tout, elle ose tout, elle s’amuse de tout — et ça nous amuse.

Mais transpose-la dans le réel.
Au bureau, dans un dîner familial, dans un groupe WhatsApp…
En moins de 48h, elle deviendrait :
“trop narcissique”,
“trop arrogante”,
“trop sûre”.

En somme : trop vivante pour l’espace étroit qu’on laisse encore aux femmes.

On nous a appris à exister avec mesure :
parler, mais pas trop ;
briller, mais sans éblouir ;
rayonner, mais avec modération.
J’ai même le souvenir d’un mariage où l’on demandait à la mariée… de ne pas trop sourire.
Oui : même ce jour-là.

On le sait : chez les hommes, ce même tempérament serait célébré.
On parlerait d’un caractère affirmé, d’un leader, d’un type qui sait ce qu’il veut.
Mais chez les femmes, la lecture change instantanément.
Pas parce que nous serions différentes, mais parce que l’espace qu’on nous accorde depuis toujours est plus étroit, plus surveillé, plus codé.

Revenons à Gaby et Carlos : parce que même la fiction l’admet.
Gaby, solaire, excessive, libre.
Carlos, aveugle — dans les deux sens du terme —, dépassé, prêt à tout encaisser.
Elle le secoue, le malmène, le trompe parfois ouvertement… et pourtant il reste.
Comme si imaginer une femme forte et un homme réellement à sa hauteur restait, encore aujourd’hui, impensable dans l’imaginaire collectif.

Le paradoxe est simple :
on adore les femmes flamboyantes… tant qu’elles ne brûlent qu’à l’écran.

Dans la vraie vie, la même intensité dérange.
Pas parce qu’elle détruit — mais parce qu’elle révèle.
Et tout le monde n’est pas prêt pour ça.

Au final, moi, la flamboyance… je la revendique.
Et mon camp, c’est Renée.

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